Jean Giraudoux

Jean Giraudoux (1882-1944) est connu à la fois pour sa carrière de diplomate, pour son œuvre littéraire et pour ses réflexions sur la guerre et la paix.

L’œuvre de Giraudoux est riche de romans, d’essais, de critiques et surtout de pièces de théâtre dont les plus célèbres sont La Guerre de Troie n’aura pas lieu, Electre et Ondine. Il vécut dans cette maison les dernières années de sa vie.

Normalien, il choisit de devenir diplomate. Mobilisé en 1914, il est blessé à deux reprises. Comme toute sa génération, il est profondément marqué par la guerre. La montée des périls en Europe, en particulier avec l’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933, lui inspire La Guerre de Troie n’aura pas lieu, une de ses pièces majeures. Elle est créée en novembre 1935 par et avec Louis Jouvet au Théâtre de l’Athénée.

Elle débute par cette formule d’Andromaque : « La guerre de Troie n’aura pas lieu » à laquelle Cassandre répond : « La guerre de Troie aura lieu ». En situant son action à Troie peu après l’enlèvement d’Hélène de Sparte par le prince troyen Pâris, Giraudoux expose ses inquiétudes quant à une prochaine guerre en Europe que chacun voit venir mais contre laquelle tout le monde semble impuissant. Tout au long de la pièce, les partisans de la guerre et les pacifistes de Troie s’affrontent. Ces derniers tentent par tous les moyens d’empêcher le conflit. La guerre y est peinte comme une négation du bonheur et de la dignité des hommes, assimilée à leur bêtise et non à un quelconque courage. La pièce dénonce également l’impuissance de la diplomatie et la manipulation de l’information par les partisans de la guerre, tout comme le rôle de certains intellectuels. C’est une pièce que l’on peut considérer comme pessimiste, dans la mesure où elle se termine par l’annonce que la guerre de Troie aura lieu, laissant peu d’espoir sur l’avenir de la paix européenne dans les années à venir. On peut aussi y voir un appel à résister aux mécanismes belliqueux démontés dans la pièce.

Quelques années après, la Seconde Guerre mondiale eut lieu elle aussi. Giraudoux quitta ses fonctions publiques en prenant sa retraite en janvier 1941. Il écrit alors sa pièce prophétique La Folle de Chaillot (« Ce qu’on fait avec du pétrole. De la misère. De la guerre. De la laideur. Un monde misérable. ») qui ne sera créée qu’après sa mort. Ces deux pièces de Jean Giraudoux sont toujours jouées aujourd’hui à Paris et dans de nombreux pays.

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