Bollardière

En novembre 2007, le Conseil de Paris décide de baptiser ce carrefour en hommage à Jacques Pâris de Bollardière, général, courageux opposant à la torture et militant de la non-violence.

Saint-cyrien, officier de l’armée française, Jacques Pâris de Bollardière (1907-1986) rejoint pendant la Seconde Guerre mondiale les Forces françaises libres avec lesquelles il prend part aux campagnes d’Afrique et aux combats en France. Fait Compagnon de la Libération dès 1941 par le général de Gaulle, il est l’un des Français les plus décorés de la Seconde Guerre mondiale.

Il participe ensuite à la guerre d’Indochine puis à celle d’Algérie à partir de 1956. Mais, refusant d’utiliser des moyens utilisés par les nazis qu’il avait combattus, il s’oppose alors aux méthodes de l’armée française et en particulier à la torture. En mars 1957, il décide d’apporter son soutien public à Jean-Jacques Servan-Schreiber, directeur de L’Express, qui vient de publier dans son magazine plusieurs articles dénonçant cet usage de la torture par l’armée française. Il est aussitôt condamné à 60 jours d’arrêts de forteresse pour « atteinte à l’honneur des troupes qu’il avait sous ses ordres ». Il démissionne de l’armée en 1961. Il se reconvertit alors dans l’économie sociale et préside l’association Logement et promotion sociale.

En 1970, avec sa femme Simone, à la suite d’une conférence de Jean-Marie Muller, il décide de rejoindre le combat non-violent et devient un des membres fondateurs du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN). Au général Massu qui justifie la torture en Algérie dans un livre Bataille d’Alger, bataille de l’homme (1972), il oppose que « l’expression “dignité humaine” n’est ni vague, ni creuse. Aucun combat, aucune cause ne justifie qu’on la sacrifie. […] Il faut proclamer qu’aucune fin ne justifie la torture comme moyen ».

On retrouve Jacques Pâris de Bollardière au Larzac en 1973 aux côtés des paysans en lutte contre l’extension du camp militaire, ou encore sur une embarcation au large de l’atoll de Mururoa aux côtés de Jean Toulat, Jean-Marie Muller et Brice Lalonde pour protester contre les essais nucléaires français de la France en Polynésie. Chrétien engagé, il est devenu compagnon de toutes les libérations.

On peut regretter que la plaque du carrefour ne mentionne que ses titres de général et de Compagnon de la Libération sans mentionner son opposition à la torture et son engagement en faveur de la non-violence.

Transports en commun
Métro 6 stations Cambronne, La Motte-Picquet-Grenelle ou Dupleix
Métro 8 station Ecole militaire
Vélib station n° 904 Ecole militaire-Avenue de la Motte-Picquet ou station n° 15024 88 avenue de Suffren
Bus 80, 82 arrêt Joffre-Suffren
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