UNESCO

Le siège de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO) se trouve à Paris depuis sa fondation.

L’UNESCO est une des agences de l’ONU. Sa création a été décidée le 16 novembre 1945. Son but est de « contribuer au maintien de la paix et de la sécurité en resserrant, par l’éducation, la science et la culture, la collaboration entre nations, afin d’assurer le respect universel de la justice, de la loi, des droits de l’Homme et des libertés fondamentales pour tous, sans distinction de race, de sexe, de langue ou de religion, que la Charte des Nations unies reconnaît à tous les peuples ». Le préambule de l’Acte Constitutif de l’UNESCO rappelle également que « les guerres prenant naissance dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes que doivent être élevées les défenses de la paix ». Elle réunit aujourd’hui 195 Etats membres et 8 membres associés. La Palestine est le dernier Etat à avoir été admis, en 2011.

Le siège de l’UNESCO est un bâtiment en forme de Y, juché sur 72 pilotis de béton, qui a été inauguré en 1958. Par la suite, une annexe a été construite, rue Miollis, qui accueille différents services de l’organisation et les bureaux des délégations des pays membres.

Les bâtiments et les jardins de l’UNESCO abritent un grand nombre d’œuvres d’art contemporaines comme des compositions murales de Picasso et de Miró, Totes les coses de Tapies, La Liberté : la paix le jour d’après d’Abelardo Espejo Tramblin ou Le Globe symbolique d’Erik Reitzel, ainsi que des œuvres d’Alexander Calder, Bazaine, Giacometti, Le Corbusier, Henry Moore, Takis, ou encore Tsereteli.

Il faut souligner particulièrement dans les jardins de l’organisation les espaces dédiés aux valeurs défendues par l’organisation comme le Jardin de la Paix d’Isamu Noguchi ou le Square de la Tolérance de Dani Karavan.

Dans le domaine spécifique de la paix et de la non-violence, l’organisation s’appuie sur les Artistes de l’UNESCO pour la Paix pour sensibiliser l’opinion publique à son travail. Depuis 1981, elle attribue chaque année un Prix de l’éducation pour la paix. Elle a fait désigner par l’ONU l’an 2000 Année internationale de la culture de paix, et a été désignée chef de file de la Décennie internationale pour la promotion d’une culture de la non-violence et de la paix au profit des enfants du monde (2001-2010). En 2012, une Plateforme intersectorielle pour la culture de la paix et de la non-violence a été créée au sein de l’organisation pour poursuivre le travail engagé dans ce domaine pendant la Décennie.

Horaires d'ouverture
Visites guidées
Mardi au Vendredi, à 10:00 et 15:00
Plus d'informations
www.unesco.org
Transports en commun
Métro ligne 10 station Ségur
Métro ligne 6 station Cambronne ou La Motte-Picquet-Grenelle
Métro ligne 8 station Ecole Militaire
Métro ligne 13 station Saint François-Xavier
Vélib station n° 7018 23 avenue de Ségur
Vélib station n° 15009 140 avenue de Suffren
Vélib station n° 15010 3 boulevard Garibaldi
Bus ligne 28 arrêt Fontenoy-UNESCO
Bus ligne 80 arrêt Cambronne
Bus ligne 87 arrêt Duquesne-Lowendal

 

Bollardière

En novembre 2007, le Conseil de Paris décide de baptiser ce carrefour en hommage à Jacques Pâris de Bollardière, général, courageux opposant à la torture et militant de la non-violence.

Saint-cyrien, officier de l’armée française, Jacques Pâris de Bollardière (1907-1986) rejoint pendant la Seconde Guerre mondiale les Forces françaises libres avec lesquelles il prend part aux campagnes d’Afrique et aux combats en France. Fait Compagnon de la Libération dès 1941 par le général de Gaulle, il est l’un des Français les plus décorés de la Seconde Guerre mondiale.

Il participe ensuite à la guerre d’Indochine puis à celle d’Algérie à partir de 1956. Mais, refusant d’utiliser des moyens utilisés par les nazis qu’il avait combattus, il s’oppose alors aux méthodes de l’armée française et en particulier à la torture. En mars 1957, il décide d’apporter son soutien public à Jean-Jacques Servan-Schreiber, directeur de L’Express, qui vient de publier dans son magazine plusieurs articles dénonçant cet usage de la torture par l’armée française. Il est aussitôt condamné à 60 jours d’arrêts de forteresse pour « atteinte à l’honneur des troupes qu’il avait sous ses ordres ». Il démissionne de l’armée en 1961. Il se reconvertit alors dans l’économie sociale et préside l’association Logement et promotion sociale.

En 1970, avec sa femme Simone, à la suite d’une conférence de Jean-Marie Muller, il décide de rejoindre le combat non-violent et devient un des membres fondateurs du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN). Au général Massu qui justifie la torture en Algérie dans un livre Bataille d’Alger, bataille de l’homme (1972), il oppose que « l’expression “dignité humaine” n’est ni vague, ni creuse. Aucun combat, aucune cause ne justifie qu’on la sacrifie. […] Il faut proclamer qu’aucune fin ne justifie la torture comme moyen ».

On retrouve Jacques Pâris de Bollardière au Larzac en 1973 aux côtés des paysans en lutte contre l’extension du camp militaire, ou encore sur une embarcation au large de l’atoll de Mururoa aux côtés de Jean Toulat, Jean-Marie Muller et Brice Lalonde pour protester contre les essais nucléaires français de la France en Polynésie. Chrétien engagé, il est devenu compagnon de toutes les libérations.

On peut regretter que la plaque du carrefour ne mentionne que ses titres de général et de Compagnon de la Libération sans mentionner son opposition à la torture et son engagement en faveur de la non-violence.

Transports en commun
Métro 6 stations Cambronne, La Motte-Picquet-Grenelle ou Dupleix
Métro 8 station Ecole militaire
Vélib station n° 904 Ecole militaire-Avenue de la Motte-Picquet ou station n° 15024 88 avenue de Suffren
Bus 80, 82 arrêt Joffre-Suffren
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6 minutes

 

Le Mur pour la Paix

Construit juste en face de l’Ecole militaire, le Mur pour la Paix vient rappeler la nécessité de célébrer la paix dans nos villes.

Situé sur le Champ de Mars, face à l’École militaire, dont les bâtiments abritent l’Ecole de guerre, le Mur pour la Paix a été imaginé par Clara Halter, artiste engagée pour la promotion de la paix et soutenue dans son action par son mari Marek Halter, écrivain juif français d’origine polonaise. Il a été réalisé par l’architecte Jean-Michel Wilmotte et érigé sur le Champ de Mars en 2000 pour le changement de millénaire.

Comme le note Philippe Dagen, historien de l’art, en présentant le Mur pour la Paix, à propos des monuments et des symboles des guerres, « ils sont si nombreux qu’on ne les voit plus. Ils sont partout dans les paysages, dans les villes et le long des routes, au bord des champs, au bord des plages parfois. […] A l’inverse les signes de la paix font défaut. Ce qu’il importerait principalement de commémorer, nul ne s’en soucie. »

Ce Mur est composé d’une charpente métallique et de grandes façades de verres, sur lesquelles est calligraphié en 49 langues le mot “Paix”. Sur le modèle du Mur des Lamentations de Jérusalem, des fentes y ont été taillées pour accueillir les messages des visiteurs. Ces messages sont ensuite recueillis puis affichés sur des écrans intégrés au monument. Selon le même concept, Clara Halter a créé une Tour de la Paix à Saint-Petersbourg en 2003 et des Portes de la Paix à Hiroshima en 2005.

Installé à l’origine pour quatre mois dans le cadre des célébrations de l’an 2000, ce monument est devenu permanent mais n’a pas été épargné par les controverses ni par les dégradations. Il a été vandalisé à de multiples reprises, cassé ou souillé par des graffitis racistes et antisémites. En 2011, la maire du 7e arrondissement, Rachida Dati, ancienne ministre de Nicolas Sarkozy, réclame avec force son démontage et sa réinstallation à un autre endroit. Elle a lancé une pétition « pour le respect de la perspective classée du Champ-de-Mars ».

Le site est devenu un lieu de manifestation et de rassemblement des militants des droits de l’Homme et de la paix. Ainsi, chaque année depuis 2012, entre le 6 et le 9 août, se tient au Mur pour la Paix le jeûne organisé par les collectifs antinucléaires en mémoire des victimes des bombardements atomiques d’Hiroshima et de Nagasaki de 1945, pour demander l’abolition des armes nucléaires dans le monde.

Transports en commun
Métro 8 station Ecole militaire
Métro 6, 8, 10 station La Motte-Picquet-Grenelle
Vélib station n° 904 Ecole militaire-Avenue de la Motte-Picquet ou station n° 15024 88 avenue de Suffren ou station n° 7019 85 avenue Bosquet
Bus 28, 80, 82, 87, 92 arrêt Ecole militaire
Bus 80, 82 arrêt Ecole militaire ou Joffre-Suffren
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2 minutes

 

Champ de Mars

Baptisé en hommage au dieu romain de la guerre, le Champ de Mars est d’abord un terrain militaire et des manœuvres y ont lieu jusqu’à la fin du XIXe siècle. Pourtant, il est aujourd’hui possible d’y trouver aussi la présence de la paix.

A l’Ouest du Champ de Mars, l’allée Léon Bourgeois rend hommage à cet homme politique français et prix Nobel de la paix en 1920. Franc-maçon, député radical, plusieurs fois ministre ou président du Conseil, il publie en 1910 un ouvrage intitulé Pour une société des Nations. Partant du constat que les Conférences de paix de La Haye en 1899 et de 1907 n’ont pas tenu toutes leurs promesses, il y analyse les conditions de la paix. Pour lui, seuls le renforcement du droit international et la création d’une société des Nations peuvent permettre une paix véritable. Il sera en 1919 le premier président de la Société des Nations créée par le Traité de Versailles, et reçut pour cela le prix Nobel de la Paix l’année suivante.

Autre époque, autre histoire : le 25 octobre 1972 au matin, les Parisiens découvrent une soixantaine de brebis broutant l’herbe du Champ de Mars, à l’ombre de la Tour Eiffel. Ce sont les paysans du Larzac, un plateau de l’Aveyron, opposés à l’extension d’un camp militaire qui les ont montées dans la nuit à Paris. Leur but est de faire connaître à la France entière leur combat non-violent pour garder leur terre, que le ministère de la Défense convoite. Ces paysans, qui produisent par ailleurs le célèbre Roquefort, ont choisi l’action non-violente sous l’influence de Lanza del Vasto qui avait été en Inde en 1936 afin de rencontrer Gandhi et qui avait fondé, à son retour, la Communauté de l’Arche. Le soir du 25 octobre, la France entière put voir à la télévision les agents de police courir après les brebis pour les arrêter ! Le mouvement prit alors une dimension nationale et François Mitterrand, élu président en mai 1981, respecta sa promesse de campagne d’annuler l’extension du camp. Aujourd’hui, l’opposition au projet de construction d’un nouvel aéroport à Notre-Dame-des-Landes, près de Nantes, a fait naître un mouvement assez semblable.

Le Champ de Mars abrite également le Monument des droits de l’Homme, installé en 1989 à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française, pour rappeler la première Déclaration des droits de l’Homme et citoyen adoptée le 26 août 1789 à Versailles. Ce monument est une œuvre du sculpteur tchèque Ivan Theimer, qui a émigré en France en 1968.

Transports en commun
Métro 6 station Bir-Hakeim
RER ligne C station Pont de l'Alma ou Champ de Mars – Tour Eiffel
Vélib station n° 7025 2 avenue Octave Creard ou station n° 15071 36 rue de Suffren ou station n° 15105 84 rue de la Fédération ou station n° 7103 2 rue de Belgrade
Bus 69, 82, 87 arrêt Champ de Mars
Bus 42 arrêt Rapp-La Bourdonnais
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9 minutes

 

La Tour Eiffel 

Construite pour l’Exposition universelle de 1889 à Paris, destinée à être démontée, la Tour Eiffel est aujourd’hui le symbole de Paris, mais aussi un symbole de paix.

Conçue par l’ingénieur Gustave Eiffel, qui avait déjà construit l’armature en fer de la statue de la Liberté de New York, cette tour d’une hauteur de 300 mètres est alors le bâtiment le plus haut du monde et le restera jusqu’en 1930. La tour ne fait pas immédiatement l’unanimité. Construite pour être provisoire, elle dut sa survie à son utilisation comme support des antennes radio.

En 1889, elle reçut la visite d’un homme de paix célèbre, Gandhi lui-même. Comme il le rappelle à ses auditeurs parisiens en 1931 au Magic City – et comme il l’a écrit quelques années auparavant dans son autobiographie –, alors qu’il est étudiant à Londres, Gandhi décide de se rendre à Paris pour voir l’Exposition universelle de 1889 et la Tour Eiffel. Il rappelle qu’elle a alors des détracteurs, dont le principal est Tolstoï, que Gandhi admirait. L’écrivain russe pensait qu’elle « était un monument de folie humaine, non de sagesse »; à l’en croire, il s’agissait de l’œuvre d’un individu sous l’emprise du tabac, « car le tabac obscurcissait l’intellect et menait droit aux châteaux en Espagne ». Pour Gandhi en revanche, la Tour est « le jouet de l’Exposition […] et une excellente preuve de ce que nous sommes tous des enfants, que séduisent les hochets ». Lui-même d’ailleurs se comporte comme un enfant : il monte deux ou trois fois sur la Tour, mange même au restaurant, juste pour le plaisir de pouvoir dire qu’il a mangé très haut !

Le 14 septembre 1999, l’Année internationale de la culture de la paix fut lancée à Paris par l’UNESCO. L’objectif de cette année était de mobiliser l’opinion publique pour accélérer le passage d’une culture de guerre et de violence à une culture de paix et de non-violence. A cette occasion, la Tour Eiffel fut déclarée « Site messager de la culture de la paix » par l’UNESCO en présence des prix Nobel de la paix Rigoberta Menchu et Shimon Peres. Une plaque pour le rappeler, dévoilée par le maire de Paris, figure toujours au premier étage de la Tour Eiffel. Federico Mayor, le directeur général de l’UNESCO de l’époque, souhaitait qu’à l’exemple de la Tour Eiffel, un monument porteur d’un message de paix soit choisi par de nombreuses villes partout dans le monde pour célébrer la paix et la non-violence.

Transports en commun
Métro 6 station Bir-Hakeim
RER ligne C station Pont de l'Alma ou Champ de Mars-Tour Eiffel
Vélib station n° 7023, Quai Branly ou station n° 7025 2 avenue Octave Creard
Bus 42, 82 arrêt Tour Eiffel
Bus 72 arrêt Pont d'Iéna
Bus 69, 87 arrêt Champ de Mars
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4 minutes

 

Quai Branly

Nouveau venu dans le paysage des quais de Seine et des musées parisiens, le musée du Quai Branly pour les Arts non-occidentaux a ouvert ses portes en 2006.

Son inauguration a eu lieu en présence de personnalités engagées pour la paix et la tolérance telles que Rigoberta Menchu, prix Nobel de la Paix en 1992, Kofi Annan, Secrétaire Général des Nations Unies et Claude Lévi-Strauss, le célèbre anthropologue qui a cherché toute sa vie à montrer par ses travaux que toutes les cultures sont égales.

L’ambition du musée est d’accorder la place qui leur revient aux arts non-occidentaux et au patrimoine des civilisations qui ont été ou sont tenues à l’écart de la culture dominante de notre monde. A ce titre, il abrite une collection de plus de 300 000 objets provenant d’Afrique, d’Amérique, d’Asie et d’Océanie. L’appellation « d’arts non-occidentaux » a été préférée à « arts primitifs » ou « arts premiers », à connotation trop négative car laissant entendre qu’il s’agit d’arts inférieurs aux arts occidentaux.

Voulue par le président Jacques Chirac, qui pousse aussi à l’adoption par l’UNESCO en 2005 de la Convention sur la protection et la promotion de la diversité des expressions culturelles, la création d’un tel musée est un geste symboliquement très fort de la part de la France, qui a été pendant des siècles une puissance coloniale convaincue qu’il était nécessaire de « civiliser » les peuples asservis,  et n’hésitant pas à piller leur patrimoine, ou à organiser à Paris des expositions coloniales humiliantes. Le musée se veut le lieu où dialoguent les cultures pour favoriser la tolérance et l’ouverture à la différence.

Le bâtiment a été conçu par l’architecte Jean Nouvel. Il a la forme d’une passerelle, à l’image de celle qui pourrait relier les cultures, et est entouré d’un jardin paisible, propice à la méditation. L’un de ses murs est recouvert d’un mur végétal. C’est un grand musée national, mais aussi une université populaire, une médiathèque, un théâtre, un cinéma, et de nombreux événements et activités y sont organisés pour toutes sortes de publics. En outre, un centre de recherche consacré à l’anthropologie, l’archéologie, l’histoire et la linguistique y est établi. Le musée publie également sa propre revue d’anthropologie, Gradhiva.

A bien des égards, le musée prouve que la paix commence par reconnaître la légitimité de toutes les cultures, et sert cet objectif avec succès.

“La tolérance n’est pas une position contemplative.”
– Claude Lévi-Strauss

Horaires d'ouverture
Le musée
Mardi, mercredi et dimanche de 11:00 à 19:00
Jeudi, vendredi et samedi de 11:00 à 21:00
Le jardin
Mardi, mercredi et dimanche de 9:15 à 19:30
Jeudi, vendredi et samedi de 9:15 à 21:15
Plus d'informations
www.quaibranly.fr
Transports en commun
RER ligne C station Pont de l'Alma
Vélib station n° 7022 3 avenue Bosquet ou station n° 7023 Quai Branly
Bus 42, 63, 80, 92 arrêt Bosquet-Rapp
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7 minutes

 

Jean Giraudoux

Jean Giraudoux (1882-1944) est connu à la fois pour sa carrière de diplomate, pour son œuvre littéraire et pour ses réflexions sur la guerre et la paix.

L’œuvre de Giraudoux est riche de romans, d’essais, de critiques et surtout de pièces de théâtre dont les plus célèbres sont La Guerre de Troie n’aura pas lieu, Electre et Ondine. Il vécut dans cette maison les dernières années de sa vie.

Normalien, il choisit de devenir diplomate. Mobilisé en 1914, il est blessé à deux reprises. Comme toute sa génération, il est profondément marqué par la guerre. La montée des périls en Europe, en particulier avec l’arrivée au pouvoir d’Hitler en 1933, lui inspire La Guerre de Troie n’aura pas lieu, une de ses pièces majeures. Elle est créée en novembre 1935 par et avec Louis Jouvet au Théâtre de l’Athénée.

Elle débute par cette formule d’Andromaque : « La guerre de Troie n’aura pas lieu » à laquelle Cassandre répond : « La guerre de Troie aura lieu ». En situant son action à Troie peu après l’enlèvement d’Hélène de Sparte par le prince troyen Pâris, Giraudoux expose ses inquiétudes quant à une prochaine guerre en Europe que chacun voit venir mais contre laquelle tout le monde semble impuissant. Tout au long de la pièce, les partisans de la guerre et les pacifistes de Troie s’affrontent. Ces derniers tentent par tous les moyens d’empêcher le conflit. La guerre y est peinte comme une négation du bonheur et de la dignité des hommes, assimilée à leur bêtise et non à un quelconque courage. La pièce dénonce également l’impuissance de la diplomatie et la manipulation de l’information par les partisans de la guerre, tout comme le rôle de certains intellectuels. C’est une pièce que l’on peut considérer comme pessimiste, dans la mesure où elle se termine par l’annonce que la guerre de Troie aura lieu, laissant peu d’espoir sur l’avenir de la paix européenne dans les années à venir. On peut aussi y voir un appel à résister aux mécanismes belliqueux démontés dans la pièce.

Quelques années après, la Seconde Guerre mondiale eut lieu elle aussi. Giraudoux quitta ses fonctions publiques en prenant sa retraite en janvier 1941. Il écrit alors sa pièce prophétique La Folle de Chaillot (« Ce qu’on fait avec du pétrole. De la misère. De la guerre. De la laideur. Un monde misérable. ») qui ne sera créée qu’après sa mort. Ces deux pièces de Jean Giraudoux sont toujours jouées aujourd’hui à Paris et dans de nombreux pays.

Transports en commun
RER ligne C station Pont de l'Alma
Vélib station n° 908 quai d'Orsay, port du Gros Caillou ou station n° 7022 3 avenue Bosquet
Bus 42, 63, 80, 92 arrêt Bosquet-Rapp
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5 minutes

 

Gandhi

Mohandas Karamchad Gandhi, surnommé le Mahatma (la « Grande âme »), est passé à Paris en 1931 et y a tenu une conférence à l’invitation de Louise Guieysse, de la Ligue Internationale des Femmes pour la Paix et la Liberté (LIFPL).

Revenant de la seconde Conférence de la Table ronde sur l’avenir de l’Inde qui venait de s’achever à Londres, Gandhi repasse par Paris le 5 décembre 1931. C’est une véritable foule qui l’attend à la gare du Nord. Lors de la Marche du sel, l’année précédente, Gandhi est devenu une figure médiatique internationale. Après un meeting avec les Indiens de Paris à l’hôtel de la gare Saint-Lazare, il donne le soir une conférence devant 2 500 personnes au Magic City, parc d’attractions populaire pour adultes sur le quai d’Orsay où sont organisés des grands bals comme ceux des travestis, et où se tiennent aussi occasionnellement des meetings politiques ou syndicaux.

Leader incontesté de son peuple face au colonisateur britannique, il parle à ses auditeurs et à ses auditrices de ses campagnes de satyagraha, basées sur la désobéissance civile et la non-violence. Il les encourage à choisir eux aussi la non-violence et à ne pas participer aux guerres. « Les méthodes dont j’ai parlé, précise-t-il, sont appliquées par un peuple qui représente un cinquième de l’humanité. Elles sont susceptibles d’une application universelle ».

Le lendemain, il quitte Paris pour la Suisse où il a rendez-vous avec l’écrivain pacifiste Romain Rolland, prix Nobel de littérature, qui est aussi son biographe. Puis il rejoint l’Inde via l’Italie. L’Inde obtint son indépendance en 1947 et Gandhi fut assassiné en janvier 1948. Cette année-là, le prix Nobel de la Paix ne fut pas décerné car le comité Nobel jugea qu’aucune personne vivante n’était digne de le recevoir.

Gandhi a inspiré de nombreux mouvements et figures de la lutte pour les droits civiques, la liberté et la résistance à l’oppression : Martin Luther King, Nelson Mandela, le Dalaï Lama et bien d’autres se sont réclamés de son héritage. En 2007, l’ONU lui rend hommage en déclarant le 2 octobre, date anniversaire de sa naissance, Journée internationale de la non-violence.

Le Magic City fut détruit en 1942 et aucune plaque ne marque aujourd’hui le passage de Gandhi à Paris en décembre 1931, même si une avenue porte son nom dans le bois de Boulogne. En 2013, le parlement français a introduit une formation à la résolution non-violente des conflits dans la formation des enseignants. Une première mondiale !

“Il me semble que le monde est fatigué des guerres sanguinaires.”
– Gandhi, Magic City

Transports en commun
RER ligne C station Pont de l'Alma
Vélib station n° 908 quai d'Orsay port du Gros Caillou ou station n° 7022 3 avenue Bosquet
Bus 42, 63, 80, 92 arrêt Bosquet-Rapp
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Flamme de la Liberté

Réplique « grandeur nature » de celle de la statue de la Liberté à New York, une grande flamme habille les abords du pont de l’Alma.

Inaugurée en 1989, cette réplique de la flamme que tient la statue de la Liberté à New York, est une sculpture dédiée à l’amitié franco-américaine. Elle a été offerte à la ville de Paris par l’International Herald Tribune, qui célébrait en 1987 le centième anniversaire de sa fondation à Paris par un journaliste américain. Ce journal de langue anglaise, toujours édité à Paris, avait lancé un appel de fonds international pour financer la construction de la flamme.

La Liberté éclairant le monde, ou plus communément la statue de la Liberté, érigée en 1886 à New York, a été offerte par la France aux Etats-Unis pour marquer le centenaire de leur déclaration d’Indépendance. Elle est l’œuvre de l’architecte Auguste Bartholdi, associé à Gustave Eiffel. Symbole de l’amitié entre les deux pays, elle demeure dans l’imaginaire collectif un symbole de la liberté, de la paix et des droits de l’Homme.

En 1889, à l’occasion du centenaire de la Révolution française, sont réalisées des répliques du modèle original. L’État en achète une pour le musée du Luxembourg. En 1906, elle est installée dans le jardin, où elle est restée jusqu’à son remplacement par une copie en 2012, la réplique originale ayant été transférée au Musée d’Orsay. Une seconde réplique est d’abord inaugurée place des États-Unis pour être ensuite déplacée sur l’île aux Cygnes, à proximité du pont de Grenelle. Elle regardait d’abord vers l’Élysée, contrairement à l’avis de Bartholdi, qui souhaitait qu’elle soit tournée vers New York. Cela fut fait en 1937, à l’occasion de l’Exposition internationale. Une troisième se trouve dans le jardin du Luxembourg. Enfin, il existe une réplique plus petite de cette statue à l’extérieur du Musée des Arts et Métiers.

Depuis 1997, la flamme du pont de l’Alma est devenue de fait un monument en souvenir de la princesse Diana, qui a trouvé la mort cette année-là dans un accident de voiture dans le tunnel qui passe sous la flamme. Lady Di, qui était une personnalité engagée notamment en faveur de l’abolition des mines antipersonnel et de la lutte contre le sida, trouve là un bel hommage rendu par ses admirateurs.

Transports en commun
Métro 9 station Alma-Marceau
RER ligne C station Pont de l'Alma
Vélib station n° 8046 2 avenue Marceau ou station n° 8045 3 avenue Montaigne
Bus 42, 63, 72, 80, 92 arrêt Alma-Marceau
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5 minutes

 

Jardin Bouddhique

Dans ce jardin japonais, conçu selon les principes du bouddhisme zen, on peut profiter d’un moment de paix à l’écart de l’agitation de Paris.

On accède à ce jardin japonais en traversant les galeries du Panthéon bouddhique, annexe du Musée Guimet. Ce musée est né en 1889 de la volonté d’Emile Guimet (1836-1918), industriel lyonnais et grand collectionneur, de fonder à Paris un musée des religions de l’Égypte, de l’antiquité classique et des pays d’Asie. Depuis 1945, il est spécialisé dans les arts de l’Asie, et depuis 1991 le Panthéon bouddhique présente, dans une annexe du musée, une partie des collections de statues bouddhistes rapportées du Japon par Emile Guimet.

Celui qu’on nomme Bouddha, de son vrai nom Siddhartha Gautama, était un noble indien qui vécut au VIe siècle avant J.-C. Il reçut une éducation guerrière et choyée avant de découvrir la souffrance de ses contemporains et de choisir de s’exiler pour faire l’expérience, pendant 7 ans, d’une vie ascétique. Il atteignit alors ce qu’il définit comme l’éveil à la connaissance et fut considéré comme le premier Bouddha, « L’Eveillé ». Ses enseignements fondent la religion bouddhiste, que certains comparent à une philosophie. Le bouddhisme promeut l’ahimsa comme une vertu et une condition pour attendre le nirvana : il s’agit de ne pas tuer, ne pas blesser, de quelque manière que ce soit.

Au Japon, le bouddhisme est la religion la plus importante, avec le shintoïsme. Il a fortement influencé et influence toujours la culture japonaise. Les jardins zen en sont un bon exemple : mêlant éléments végétaux et minéraux, marqués par la présence de l’eau, ils accueillent souvent des maisons de thé et sont propices à la méditation. Le jardin de 450 m2 qui s’ouvre derrière les galeries du Panthéon bouddhique abrite un rare pavillon du thé conçu par des maîtres zen japonais en 2001. Il s’y déroule régulièrement des cérémonies qui offrent un moment privilégié pour goûter un des aspects les plus raffinés de l’art de vivre du Japon ; celles-ci permettent aussi de comprendre l’importance que les Japonais attachent à la communion avec la nature et à la qualité des relations de personne à personne.

Cette étape du parcours nous rappelle que la paix, c’est aussi la paix intérieure, celle de l’esprit, comme le rappelle la religion bouddhiste.

Horaires d'ouverture
Espace d'exposition tous les jours de 10:00 à 17:45
fermé le mardi
Jardin tous les jours de 10h à 17h, sauf si a lieu la cérémonie du thé
Plus d'informations
www.guimet.fr
entrée gratuite
Transports en commun
Métro 9 station Iéna
Métro 6 station Boissière
Vélib Station n° 16007, 4 rue de Longchamp ou station n° 16015, 1 rue de Bassano
Bus 32, 63 arrêt Albert de Mun
Bus 82 arrêt Iéna
Bus 22, 30 arrêt Kleber-Boissière
Pour rejoindre l'étape suivante
8 minutes